La physiothérapie pour les musiciens : optimiser la performance et prévenir les blessures
Tendinites, canal carpien, tensions de la mâchoire : la physiothérapie des musiciens au Plateau-Mont-Royal, avec un physiothérapeute venu de la scène.
Révision clinique : Justin Lapointe, membre de l’OAQ · 8 août 2026
Avant d’être physiothérapeute, Josh Whelan chantait. Maîtrise en chant de l’Université de Toronto, artiste en résidence à l’Opéra de Montréal, des concerts en Amérique du Nord et en Europe. Il enseigne aussi la guitare et le piano. Parcours inhabituel pour quelqu’un qui traite aujourd’hui des poignets et des épaules, et c’est précisément ce qui change la conversation en salle de traitement : il connaît le calcul que fait un instrumentiste quand une douleur s’installe trois semaines avant un concert.
Ce calcul, la plupart des musiciens le font seuls. On lève le pied, on change un doigté, on met de la glace, on continue. Une douleur qui revient toujours au même endroit après deux heures de travail mérite pourtant mieux qu’un ajustement improvisé : elle dit que la charge et la façon de la porter ne s’accordent plus. C’est le terrain de la physiothérapie.
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Les problèmes courants rencontrés par les musiciens
Les atteintes ne sont pas les mêmes selon ce qu’on tient dans les mains, mais elles obéissent toutes à deux logiques : la répétition d’un même geste fin, et une position tenue longtemps sans être déplacée.
Aux cordes, la contrainte dominante est l’asymétrie. Le violon et l’alto demandent une épaule gauche montée, une tête inclinée et maintenue, un bras droit en suspension pendant des heures ; le violoncelle et la contrebasse déplacent cette asymétrie sans la supprimer ; la guitare ajoute une main gauche en flexion soutenue sur le manche. De là viennent les douleurs cervicales et dorsales, et les tendinites d’épaule ou d’avant-bras, bursites comprises.
Aux vents et aux cuivres, c’est la mâchoire qui travaille. L’embouchure demande une pression fine et constante, tenue sur des phrases longues, et le souffle impose sa propre charge au thorax et à la nuque. Les tensions de la mâchoire (ATM) y sont fréquentes, chez les chanteurs comme chez les instrumentistes à vent.
Au piano, la contrainte se concentre au poignet et à l’avant-bras. Des heures d’octaves, de traits rapides et de tenue au clavier, souvent à un poignet dévié, forment le contexte habituel des tendinites et du syndrome du canal carpien, qui provoque engourdissement et douleur dans les mains, chez les pianistes comme chez les instrumentistes à cordes et à vent.
Pour la voix, l’instrument est le corps entier. Souffle, mâchoire, nuque et ceinture scapulaire travaillent ensemble, et une tension installée dans l’un se lit dans les autres. C’est pourquoi un chanteur consulte souvent pour une nuque ou une mâchoire, rarement pour sa voix.
Ces douleurs rejoignent ce que produisent les postures tenues trop longtemps devant un écran : la contrainte n’est pas la position, c’est sa durée.
Reste la dystonie de fonction, à part. Ce trouble neurologique affecte le contrôle moteur des doigts ou des bras et se manifeste dans le geste musical lui-même, souvent dans lui seul : le passage travaillé mille fois cesse d’obéir, alors que la main reste ordinaire partout ailleurs. C’est l’atteinte la plus déroutante du répertoire, et celle qui appelle d’abord une évaluation médicale en bonne et due forme.
Comment la physiothérapie peut aider les musiciens
La physiothérapie propose un travail qui porte autant sur l’épisode en cours que sur ce qui le favorise. Chez un musicien, ce qui le favorise tient rarement à l’instrument seul : il y a le nombre d’heures, leur répartition dans la semaine, la hauteur du pupitre, la place de la partition, et le mois du calendrier.
L’évaluation commence donc par le geste. Analyse biomécanique et évaluation posturale servent à voir comment le mouvement s’organise et où il bute. Une contrainte de jeu se comprend mal à l’arrêt : c’est dans le mouvement reproduit qu’elle devient lisible.
Vient ensuite ce qui se fait avec les mains : thérapie manuelle et mobilisations articulaires, pour rendre de la mobilité là où elle manque et relâcher ce qui est tendu. Puis le renforcement et la stabilisation, calibrés sur la demande réelle de l’instrument plutôt que sur un programme générique, puisque la contrainte d’un musicien se mesure en heures plutôt qu’en kilos. S’y ajoutent selon les cas le taping, l’électrothérapie, le relâchement musculaire. Et l’éducation sur l’hygiène posturale et les pauses actives, la partie la moins spectaculaire du travail, et la seule qui se poursuive sans le physiothérapeute.
Josh Whelan est diplômé en physiothérapie de l’Université McGill, spécialisé en physiothérapie orthopédique et sportive. Le contrôle moteur et les dysfonctions du mouvement sont au cœur de sa pratique, ce qui recoupe assez directement les contraintes propres au jeu instrumental : posture de travail, gestes répétés, douleurs qui reviennent aux mêmes endroits. Son parcours de scène et son enseignement de la guitare et du piano lui donnent surtout un vocabulaire commun avec le musicien : les passages difficiles, les routines de travail, ce qu’un programme impose. Les autres motifs de consultation en physiothérapie, eux, sont les mêmes que pour tout le monde.
Les moments qui amènent à consulter
Certains moments justifient une évaluation même sans douleur bien installée. Ce sont ceux où la charge change plus vite que le corps.
- La reprise après une pause. On veut retrouver son niveau vite, et le volume de travail remonte plus vite qu’il n’avait baissé.
- Le montage d’un nouveau programme. Une écriture qui tient la main dans une position inhabituelle, des octaves soutenues, un rôle plus lourd : la commande faite au corps change, parfois du jour au lendemain.
- Les échéances qui doublent le travail. Examens de conservatoire, auditions, concours, entrée en production : les heures grimpent pendant que le reste de la vie ne bouge pas.
Un dernier signal, plus net que les autres : vous avez commencé à modifier votre jeu pour éviter la douleur. Un doigté changé, une nuance abandonnée, une pièce retirée du programme. C’est là qu’il vaut la peine de consulter, plutôt qu’une fois la compensation devenue une habitude.
En résumé
Ce n’est pas l’instrument qui blesse. Ce sont la répétition, l’asymétrie et le calendrier, trois choses sur lesquelles on peut travailler, et qui se regardent mieux avant que la douleur ait imposé ses détours au jeu.
Au Plateau-Mont-Royal, 7 jours sur 7 — ouverture de dossier 1 h, suivis de 30 ou 45 minutes. Avec Josh Whelan, physiothérapeute membre de l’OPPQ. Réserver en ligne. À lire aussi : acupuncture sportive et dry needling et Les conditions couramment traitées en physiothérapie. En clinique : la physiothérapie avec Josh Whelan et nos tarifs.
Au Plateau-Mont-Royal, ouvert 7 jours sur 7. Acupuncteurs membres de l’OAQ, physiothérapeute membre de l’OPPQ. Reçus d’assurance émis sur place.Nos contenus suivent une méthodologie éditoriale publiée.
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