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Ce texte fait partie de notre guide de la médecine chinoise.

Médecine chinoise

L'acupuncture : un voyage à travers le temps et la philosophie

De la pierre taillée au Neijing, des trois sagesses chinoises — taoïsme, confucianisme, bouddhisme — au laboratoire d'aujourd'hui.

Par Justin LapointeLecture 4 minPlateau-Mont-Royal

Révision clinique : Justin Lapointe, membre de l’OAQ · 8 août 2026

Gros plan sur les mains d'un praticien posant une aiguille d'acupuncture avec son tube guide

Peu d’objets médicaux peuvent se vanter d’une telle profondeur de champ. L’aiguille qu’un acupuncteur pose aujourd’hui, à Montréal, descend en droite ligne d’un geste vieux de plusieurs millénaires — l’un des plus anciens, peut-être, que l’humanité ait répété sans presque l’interrompre. Faire l’histoire de l’acupuncture, c’est remonter ce fil ; et le fil traverse autant la philosophie que la médecine.

De la pierre à l’acier

Au commencement, il y a la pierre. Bien avant le métal, des éclats taillés et des esquilles d’os — les bian shi — servaient à percer, saigner, drainer. Les historiens débattent encore de leur usage exact : soins de surface ou ébauche de la ponction ? (White & Ernst, 2004). Quoi qu’il en soit, l’idée d’agir sur le corps par un point précis est là, en germe.

Le cadre conceptuel se met en place sous les Royaumes combattants (Ve-IIIe siècle av. J.-C.), quand se formalisent le Qi, le Yin et le Yang. Puis vient le grand livre : sous les Han, on compile le Huangdi Neijing, le « Classique interne de l’Empereur Jaune », qui reste, deux mille ans plus tard, le socle de la discipline. À la fin des Ming, en 1601, Yang Jizhou rassemble le savoir accumulé dans le Zhenjiu Dacheng, le « Grand compendium de l’acupuncture et de la moxibustion » (Chen, Antochi & Barbilian, 2019). Entre-temps, l’aiguille a quitté la pierre pour le bronze, puis l’acier ; le geste, lui, n’a guère changé.

Trois sagesses dans une aiguille

Ce qui frappe, c’est que l’acupuncture n’est jamais une simple technique : elle porte une vision du monde — trois, même, superposées. Du taoïsme, elle tient sa cosmologie : le Yin et le Yang, le Qi, l’idée que la santé est affaire de juste circulation plutôt que de combat, et cette élégance du wu wei, l’action qui épouse le cours des choses au lieu de le forcer. Du confucianisme, elle a hérité son éthique et sa transmission : le respect du patient, la rigueur du lettré, la relation maître-élève par laquelle le savoir s’est passé de main en main. Du bouddhisme, venu de l’Inde et acclimaté en Chine, une attention à l’esprit — la présence, le souffle, le calme — qui double le soin du corps d’un soin de la conscience.

Une précision de chronologie s’impose ici. Le socle du Neijing est antérieur au bouddhisme en Chine : ses véhicules sont l’école des naturalistes (Zou Yan) et la cosmologie corrélative des Han. Le bouddhisme n’entre en Chine qu’au Iᵉʳ siècle de notre ère — son apport est réel, mais il vient s’ajouter à un édifice déjà bâti.

On aurait tort d’y voir un placage. Ces trois courants se sont mêlés dans la pratique au point d’être indissociables : l’acupuncteur classique est à la fois un cosmologue (il lit le Yin/Yang), un lettré (il transmet) et, à sa manière, un contemplatif (il observe). C’est cet alliage qui donne à la discipline son épaisseur — et qui explique qu’on puisse en parler aussi bien dans un manuel de médecine que dans un traité de philosophie.

Le même geste, aujourd’hui

À l’époque moderne, l’aiguille a rencontré le laboratoire. L’imagerie — IRM fonctionnelle, échographie — permet d’observer ce qui se passe dans les tissus et le système nerveux lorsqu’on stimule un point, et la recherche s’attache depuis des décennies à en étudier les mécanismes et les effets (Kaptchuk, 2002). Les résultats sont contrastés selon les indications, et c’est sain : une tradition assez solide pour durer deux mille ans peut bien se laisser interroger par la science sans rien perdre de sa valeur. L’acupuncture d’aujourd’hui vit précisément dans ce dialogue — entre un geste très ancien et des outils très récents.

« Voyage à travers le temps », donc, mais aussi à travers les idées. C’est peut-être ce qui rend cette médecine si singulière : on ne peut guère la pratiquer sans toucher, du même coup, à une histoire et à une philosophie. L’aiguille est minuscule ; ce qu’elle relie ne l’est pas.

En clair

Les notions de Qi, de Yin et de Yang évoquées ici sont des repères culturels et historiques, distincts de la physiologie biomédicale, et présentés sans promesse de résultat.

Au Plateau-Mont-Royal, 7 jours sur 7. Réserver en ligne. En clinique : les motifs de consultation.

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Les deux sont membres de l’Ordre des acupuncteurs du Québec et reçoivent à la même clinique. Vous choisissez au moment de réserver, et vous pouvez changer d’une fois à l’autre.

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Justin Lapointe

Acupuncteur · propriétaireMembre de l’OAQ

Reçoit l’après-midi et en début de soirée.

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Reçoit surtout le matin, souvent dans la semaine.

Au Plateau-Mont-Royal, ouvert 7 jours sur 7. Acupuncteurs membres de l’OAQ, physiothérapeute membre de l’OPPQ. Reçus d’assurance émis sur place.Nos contenus suivent une méthodologie éditoriale publiée.

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